A qui la faute ?

Paris, le samedi 31 octobre 2020 – Une nouvelle période de confinement a débuté en France ce vendredi. La mesure a été présentée comme inévitable par le Président de la République, en raison de la situation actuelle dans les hôpitaux, qui seront très probablement soumis à une pression plus forte dans les prochaines semaines compte tenu de la rapide progression du nombre de contaminations, que reflètent les résultats des dépistages par RT-PCR. La deuxième vague, mille fois annoncée pendant l’été bien que les chiffres d’hospitalisation et de décès demeuraient très bas, puis redoutée à la rentrée compte tenu de signaux inquiétants, encore discutée en septembre, est là et ne peut plus être niée.

Le tort d’avoir raison trop tôt ?

A l’instar du premier confinement, beaucoup s’interrogent. Aurait-il été possible d’éviter cette deuxième vague ou tout au moins les mesures très restrictives qui s’imposent aujourd’hui ? Les nombreux experts qui dès le lendemain de la levée du confinement ont régulièrement prévenu du risque d’une deuxième vague et qui ont d’abord été moqués pour leur pusillanimité ne peuvent que constater, parfois avec regret, que leurs prédictions se sont avérées fondées. Faut-il cependant considérer qu’ils avaient raison trop tôt où que leur raisonnement a fini par se révéler justifié dans un second temps ?

Riposte trop graduée

Ainsi, l’heure, semble être à la recherche, vaine sans doute, des responsabilités. Le gouvernement est en première ligne dans cette quête. Ce dernier se dédouane en observant : « Tout le monde avait intégré le risque d'une deuxième vague, mais personne n'avait prévu une flambée si violente et si rapide » s’est par exemple défendu le Premier ministre, Jean Castex. Pourtant, dès la mi-septembre, certains épidémiologistes, dont Catherine Hill, présentaient des projections qui sont assez proches de la situation actuelle. Cependant, la nécessité de conserver des distances avec certaines modélisations pouvait être également une leçon légitimement retenue des premières heures de l’épidémie. Par ailleurs, si l’on peut reprocher au gouvernement un défaut d’anticipation, on ne peut complètement critiquer sa volonté de reprendre une vie économique et sociale plus proche de la normale et d’avoir arbitré entre les enjeux sanitaires et les autres considérations également très importantes. Enfin, l’inefficacité des mesures qui ont été prises ne doit pas faire oublier que la vigilance des pouvoirs publics est demeurée soutenue tout au long des derniers mois, quels qu’aient été les chiffres de mortalité. « Oui, le gouvernement était raisonnable en voulant une riposte graduée : dès le 20 juillet 2020, obligation du port du masque dans les endroits confinés. Mais pourquoi ne pas l’avoir imposé dès la sortie du confinement, en mai ? En fin août, ce fut l’obligation du port du masque même à l’extérieur dans certaines villes. Et les nouvelles mesures n’ont cessé de se durcir durant le mois de septembre, fermeture des bars, puis couvre-feu il y a deux semaines. Mais chaque fois, c’est le risque de la riposte graduée, on arrive avec un coup de retard », remarque Sylvain Rakotoarison sur son blog hebergé par Agora Vox.

Des outils dévoyés

Néanmoins, des critiques concernant le gouvernement peuvent concerner sa mauvaise utilisation des outils à sa disposition. D’abord, des contre-vérités ont une nouvelle fois été énoncées concernant nos capacités hospitalières. Les « 12 000 lits » de soins intensifs évoqués par Olivier Véran en septembre et qui ont suscité un étonnement de la plupart des observateurs ne correspondaient en réalité nullement aux ressources réelles, mais aux capacités mobilisables à condition une nouvelle fois de déprogrammer nombre de nos autres activités de soins. Ce leurre a constitué un manque de transparence certain. Plus encore, les décisions des pouvoirs publics et d’abord celles du Président de la République ont rendu inopérantes notre stratégie de dépistage. « Le tout-quantitatif a condamné à l’échec la politique de tests, et donc toute possibilité de localiser l’ennemi. On mène la guerre sanitaire à l’aveugle. Face à l’échec, il ne reste plus que les mesures non sanitaires les plus dommageables économiquement et socialement pour endiguer les contaminations » écrit l’économiste Frédéric Bizard dans les colonnes du Monde. Ce dernier se montre très critique vis-à-vis du gouvernement, mais estime que la responsabilité va au-delà du seul pouvoir actuel. « Rien de tout cela n’est dû au hasard. La responsabilité de cette décadence de l’Etat sanitaire est collective et partagée par tous les pouvoirs, et donc par tous les citoyens depuis trente ans. Cependant, la continuité de l’incurie politique en santé, au cœur d’une crise si grave, interpelle d’autant plus que l’Etat a globalement bien géré à ce stade les aspects économiques et sociaux. (…) L’hôpital est l’emblème de cette incurie. L’année 2020 est marquée par le franchissement du cap des 100 milliards d’euros de dépenses hospitalières totales, soit une part de PIB (4 %) la plus élevée des pays développés comparables. Malgré cela, l’hôpital est dans une situation plus fragile en octobre qu’en mars. Alors que nous sommes montés à 12 000 lits de réanimation en mars, en octobre, les 5 700 lits permanents ne pourront pas être augmentés, sans risque de perte de chance pour des patients atteints de maladies autres que le Covid-19 et dont les opérations sont urgentes. Le Ségur de la santé devait être la réponse de l’Etat à la crise du système sanitaire. La seule réponse a été budgétaire, avec une rallonge de 8 milliards d’euros de rémunération du personnel, disséminée sur 1,5 million de personnels, donc à très faible impact individuel et sans distinction soignant/administratif. Toujours le vœu, l’incantation qu’avec une telle somme le personnel acceptera de travailler dans un environnement dégradé et avec une pénurie d’équipements. Vous avez bien lu, malgré 100 milliards d’euros de dépenses, le personnel manque même de gants et de blouses pour travailler, exploit de gestion de la dictature technocratico-médicale. L’organisation institutionnelle de notre santé publique, dispersée dans une multitude d’agences, a montré son impotence mais on n’y touche surtout pas » dénonce-t-il.

Ceux qui ont trop dansé…

Si la responsabilité de l’État et du gouvernement est commentée par beaucoup, certains invitent à ne pas sous-estimer le rôle joué par nos agissements individuels. De fait, sans liens sociaux, sans rencontres, sans échanges, le virus ne circule pas. Il n’en fallait pas plus à beaucoup d’éditorialistes tout au long de la semaine pour fustiger les relâchements des uns et des autres, notamment pendant l’été et d’épingler ceux qui ont voulu continuer à faire la fête ou tout simplement à embrasser leurs parents ou leurs petits-enfants. Cette auto-flagellation complaisante suscite quelques crispations. Ainsi, alors que le journaliste Patrick Cohen a dans un éditorial sur France 5 fait l’énumération de nos comportements égoïstes délétères, certains lui ont répondu : « En complet désaccord. Une stratégie de prévention ne repose pas sur des comportements individuels. On ne peut pas avoir un pilotage de la stratégie comme c'est fait, aucun soutien en politique sociale, et se plaindre que les Français fassent n'importe quoi. On sait que "demander aux employeurs de faire le maximum pour favoriser le télétravail", c'est pas la même chose que de l'obliger et de le faire contrôler par des inspecteurs du travail. Dire aux gens de s'isoler en cas de symptômes quand il y a de la précarité, des jours de carence, ça n'a pas la même efficacité que d'avoir des dispositifs sociaux forts et lisibles pour cela. Les équipes de contact traçing, ce n'est pas les comportements individuels qui les mettent en place Etc. etc. On ne peut pas briguer le titre de "responsable politique" et ensuite dire, "ouais mais c'est pas de notre faute », fustige par exemple le docteur Quentin Durand-Moreau (Université d’Alberta). Sylvain Rakotoarison ajoute pour sa part : « C’est un discours qu’on entend pas mal en ce moment. Oui, les "gens" se sont relâchés, cet été, ont cru que l’épidémie était finie, et à cause d’eux, car il y a un lien de causalité qui est un lien de responsabilité, dans l’idée, la seconde vague arrive, et grandement. Eh bien, je trouve que c’est doublement injuste. D’une part, j’ai trouvé, en France du moins, que les "gens" ont, au contraire, été très raisonnables. D’abord lors du confinement du printemps qui a été très largement respecté. Ensuite lors du déconfinement et à chaque nouvelle mesure sanitaire, les Français les ont généralement appliquées, même si parfois, ils ont râlé, ils sont restés dans les faits raisonnables (après tout, qu’importe de dire non et de faire oui, c’est le résultat qui compte). Je trouve d’ailleurs que les pouvoirs publics n’insistent pas assez sur la bienveillance et l’esprit collectif des Français, peut-être parce que cela étonne tellement qu’on ne le voit pas, trop habitué aux préjugés qui n’ont plus cours. D’autre part, si effectivement il y a eu une minorité d’insouciants, de gens plutôt jeunes qui faisaient la fête l’été, cela n’explique pas d’une part, pourquoi il n’y a eu aucune recrudescence en été ni, d’autre part, pourquoi la seconde vague arrive aussi violemment à la figure en octobre. Je reste avec mon analogie qui mêle de la même manière liberté individuelle et sécurité collective, le code de la route. Les automobilistes respectent dans leur grande majorité les limitations de vitesse, la preuve, c’est qu’une très grande proportion a gardé tous les points du permis de conduire (ce qui ne les empêche pas de râler contre certaines de ces limitations, évidemment), et il y a toujours un petit pourcentage de fous du volant, de chauffards qui, quoi qu’on fasse, ne respecteront pas le code de la route, mais malgré leur existence, cela n’a pas empêché de réduire de 17 000 à 3 000 le nombre de morts sur les routes chaque année. Ces "chauffards" de la route, ce sont les fêtards du coronavirus : leur existence reste très minoritaire ».

On peut par ailleurs observer ces comportements avec une indulgence existentielle en se rappelant que même toutes les protections du monde, tous les masques, ne permettent pas d’éviter la mort, qu’elle soit provoquée par une infection ou une toute autre pathologie et qu’il y a dans la persistance de la fête malgré les menaces épidémiques ou terroristes, une conscience, une acceptation de cette fragilité et un désir de profiter de ce qu’apporte la vie, malgré les menaces inévitables.

La désinformation tuerait, mais qu’est-ce que la désinformation ?

Dans cette recherche du coupable idéal, les médias, un temps accusés, pendant le confinement, d’avoir été trop alarmistes, d’avoir cédé à une fascination macabre pour le décompte des morts, sont une nouvelle fois montrés du doigt pour avoir ouvert leurs antennes et leurs colonnes à des voix discordantes. Dans un éditorial très sévère, le journal Numerama énonce : « Un changement dans les modalités d'invitation des « experts » sur certains plateaux de télé doit avoir lieu urgemment, pour faire cesser la diffusion de discours fallacieux, trompeurs et complotistes. C'est le devoir d'information qui est en jeu. En pleine crise sanitaire liée au coronavirus, la notion de responsabilité au sein des médias prend tout son sens. Les informations que nous partageons, et la façon dont nous les présentons, ont un impact important. Un seul article ou reportage ne va pas changer la face de l’épidémie, mais lorsqu’une même information est reprise et répétée, cela génère une narration. C’est ainsi, par exemple, que des études scientifiques peuvent être mal comprises au début puis, à force d’être diffusées de manière tronquée, générer une idée reçue (c’est le cas pour la mutation du coronavirus, qui a été souvent mal présentée). Or, chaque idée reçue, chaque fausse information, chaque discours fallacieux représente un risque supplémentaire pour les vies humaines (...) en trompant ou bien tout simplement ajoutant du flou à la situation ».

Nous, le JIM, avons de nombreuses fois rappelé les risques que représentent pour l’information éclairée des Français le défaut d’esprit critique, la recherche du sensationnalisme, la méconnaissance de la démarche scientifique. Il faut cependant éviter que cette prise de conscience ne conduise à un excès inverse, par l’établissement de réflexes de censure, par le refus d’examiner ce qui va à l’encontre de la doxa. A cet égard, tous les discours qualifiés de « rassuristes » ne semblent pas devoir être considérés comme équivalents, car certains se veulent fondés sur les faits. Bien plus certainement, la contradiction, mais la contradiction argumentée et qui évite les arguments convoquant principalement l’émotion (le drame des morts ou de l’épuisement des soignants) doit s’imposer. Enfin, le rappel de l’importance de préserver nos libertés démocratiques, même en période de crise, semble indispensable, alors que la défense de la liberté d’expression est aujourd’hui, sur d’autres terrains, si ardemment menée.

Ainsi, on le voit, cette recherche des responsabilités, qui élude la possible cause principale de la deuxième vague qui est l’arrivée des températures froides (il est vrai prévisible) montre que le second confinement sera une nouvelle fois le théâtre de controverses, polémiques et réflexions contradictoires. Une résistance comme une autre à l’ennui baudelairien.



Aurélie Haroche

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Vos réactions (9)

  • Aux fausses questions les réponses humoristiques seules répondent

    Le 31 octobre 2020

    Moritzl se promène avec son Melamed (instituteur juif) dans la campane enneigée pour observer les plantes encre vivaces et les animaux oiseaux et mammifères qui cherchent leur pitance...
    Et le maître de s'extasier:
    Regarde Moritz la beauté de cette neige et cette glace du torrent et ces brillantes micro-étoiles de glace que le Saint-béni-soit-il a créé...N'est-ce-pas magnifique?
    Et le critique Moritzl de répondre:" Tu parles d'une performance! en plein Hiver!"
    Puisque n'ayant pas disparu complètement, la grippe Covid-19 aux caractères d'immunisation bizarres et nouveaux, se réveillant précocement en octobre-novembre...! Quelle surprise!

    Dr Jacques Borek

  • Quand on prend un mauvais chemin, il est dur de revenir en arrière...

    Le 31 octobre 2020

    Il semble que l'on doive apprendre à vivre avec le SARS-CoV-2 jusqu'à nouvel ordre, l'espoir du gouvernement étant apparemment de tenir jusqu'à l'apparition d'un vaccin.

    Notons au passage qu'il faudra successivement : 1. que ce vaccin confirme son existence (il est en gestation, certes avancée), 2. en garantir la sécurité, 3. le rendre obligatoire (bonjour à la CNIL et à ses cousin.e.s, etc.) ou convaincre les Français de son intérêt (ce n'est pas gagné).

    Trois mois, six mois au moins ? Au passage, si on ne vaccine que les seules personnes vulnérables, cela revient à dire, sauf à vouloir confiner celles qui ne le sont pas, que le virus peut librement circuler chez ces dernières. En clair, ce serait alors le modèle de la grippe saisonnière !

    Personnellement, je pense qu'il eut mieux valu en mai dernier limiter la liberté de toutes les personnes vulnérables en les protégeant (ce que voulait le Conseil scientifique, souvenez-vous), et ne pas hésiter à laisser le virus diffuser chez les trente à quarante millions de Français pour lesquels la mortalité est quasi-inexistante. Ceci aurait permis en quelques mois d'été de rendre l'épidémie supportable grâce à une immunité partielle de groupe (l'absence formelle de preuve scientifique de la présence d'une immunité ne vaut pas preuve de son absence). La létalité de la maladie étant connue (voisine de cinq pour mille toutes populations confondues), les mesures barrières étant strictement appliquées par et auprès des personnes vulnérables, le nombre de lits de soins intensifs étant accru, c'était une carte à jouer sans coût démesuré, ni humain ni financier.

    Le nombre de 400 000 morts, coût d'une telle stratégie, choisi récemment par le président de la République était quelque peu biaisé. L'article source (Fontanet & Cauchemez, septembre 2020) donnait une fourchette de 100 000 à 450 000 décès en recherchant l'immunité de cinquante pour cent de la population. La valeur basse pourrait être encore diminué, je le suppose, sous réserve que la porosité entre populations vulnérables et non vulnérables soit réduite à peu de choses par une observance des mesures barrières entre-elles (je souligne ce dernier mot).

    Dr Jean-Jacques Arzalier

  • A qui la faute ?

    Le 31 octobre 2020

    Essentiellement aux autorités et aux 'inconscients' de l'été :
    1 - les autorités ("hors-sol" comme à leur habitude !) :
    - qui ont répété à l'envi que le risque covid (ne) touchait (que) les plus de 65 ans : absurde !
    - et qui auraient dû impérativement lier le déconfinement au port obligatoire (avec évidemment punition pour les récalcitrants) du masque pour les semaines qui ont suivi.

    En conséquence de quoi, le français - plutôt rebelle - ne retenant évidemment que ce qui l'arrange, l'autre faute fût essentiellement celle des 'inconscients' de l'été.

    2 - les inconscients de l'été, jeunes pour la plupart ("on s'éclate !"), qui n'avaient donc strictement rien compris à ce qu'est une contamination aéroportée : désolant !
    a fortiori après en avoir pu constater les dégâts en avril !...
    Il est urgent de revenir aux cours de biologie élémentaire pour tous au lycée !

    Alain Cros

  • En médecine comme en astrologie

    Le 31 octobre 2020

    Soyons fous.
    En médecine comme en astrologie ou lorsqu'on est prophète, il suffit de prédire un nombre suffisant de désastres pour qu'il finisse par en arriver quelques-uns.
    Bien entendu le conditionnel passé, ce temps merveilleux à la disposition des oppositions et des candidats au pouvoir de remplacement, va devenir le temps préféré. "Nous aurions du, le gouvernement aurait pu, etc"...

    N'empêche : prétendre que des négligences de comportement en Août provoquent en Novembre une deuxième vague d'une épidémie dont le temps d'incubation n'excède pas huit jours, devrait se révéler un exercice périlleux. Mais qui ne gêne pas du tout les directeurs de conscience de tout poil. Ils suggèrent même qu'on devrait empêcher de tribune, voire de parole, ceux qui s'opposent à la doctrine officielle simple : la seconde vague est là et elle est épouvantable. Claude Malhuret doit sourire... Mais qui va l'écouter dans cette immense cacophonie?

    Je lis : "En raison de la situation actuelle dans les hôpitaux, qui seront très probablement soumis à une pression plus forte dans les prochaines semaines compte tenu de la rapide progression du nombre de contaminations, que reflètent les résultats des dépistages par RT-PCR" etc..."

    Sauf que ce "très probablement" n'est qu'une probabilité. Sauf que ces tests présentent faux positifs et faux négatifs. Sauf qu'un résultat positif ne signifie pas que l'on est malade, ni qu'on va être hospitalisé ou en réanimation dans les dix jours.
    Constatons qu'il y a deux mois, l'obtention d'une immunité de groupe était indispensable. Et qu'aujourd'hui, pour des raisons variées, c'est apparemment le pire des dangers.

    Nous allons encore entendre de belles envolées. Pendant ce temps, les libertés élémentaires régressent et nous marchons vers l'homme déchu.

    Dr Jean-François Michel

  • Dame Nature

    Le 31 octobre 2020

    Avec la multiplicité de ceux qui annonçaient tout et n'importe quoi

    il n'est pas difficile de trouver quelqu'un qui aurait eu raison

    quelque que soit la situation

    Ce qui se passe partout montre que la seule certitude est

    qu'en ce domaine nous savons peu et subissons beaucoup

    Alors laissons pavoiser certains et cultivons surtout notre humilité

    En définitive, c'est dame Nature qui finit par avoir raison

    Dr Alain Vannineuse

  • Haro sur le baudet !

    Le 31 octobre 2020

    Tout ça pour ça!!??
    S'il y a une chose incontestable que nous avons tous pu apprendre de cette malheureuse pandémie (à moins, bien sûr, de vouloir se murer dans ses certitudes et préférer continuer à "faire les intéressants" en distribuant à droite et à gauche ses jugements péremptoires), c'est l'impératif d'humilité et, ce qui va avec, à savoir l'obligation de ne parler ou écrire que si on a quelque chose d'intelligent et d'instructif à dire, quelque chose qui soit susceptible de "faire avancer le Schmilblick".

    Malheureusement, tout ce que je viens de lire et qui sont des citations de blogs, twitters et tribunes, ne sont, une fois de plus (j'allais dire "une fois de trop" mais je respecte trop la liberté d'expression pour aller jusque là) que des avis contestables dont on se fout éperdument, à moins de s'accrocher, comme un poivrot à son lampadaire, à tout ce qui pourrait malmener un gouvernement dont le "bashing" est si "tendance", comme si on pouvait croire un seul instant que les auteurs de ces "écrits indispensables", ces Pr. Yaka, Fokon, Yapluka et l'incontournable Dr. Yzavéka, eussent réglé en deux coups de cuiller à pot tous les problèmes, qu'ils tiennent de la prévision, de la logistique, de la communication, la fameuse communication qu'ils auraient maîtrisée de bout en bout, sans aucune faute, réussissant l'exploit d'entrainer toute la population dans un même élan de "pratiques vertueuses" en obéissant à des "injonctions claires et impératives" sans accuser le "pouvoir" et/ou les "élites"de les infantiliser...Et sans controverses ni contestations..L'unanimité, quoi!

    Un problème de cette dimension (il faut se rappeler qu'il ne concerne pas que notre hexagone) ne peut être uni factoriel, ça c'est une évidence et nous ne sommes pas assez ignares pour croire que les milliers de fêtards, vacanciers inconséquents et autres semeurs potentiels de virus soient la cause unique de cette "2ème vague". Mais, n'en déplaise à nos "avocats improvisés", ils y ont plus que probablement une bonne part de responsabilité. Est-ce vraiment si difficile d'endosser une part de responsabilité? Faut-il absolument qu'à l'instar des "populistes" et autres "complotistes simplificateurs" , certains cherchent coûte que coûte à désigner un unique "baudet" qui nous renverra, inéluctablement vers M. de La Fontaine?

    H.Tilly,IDE-MKDE

  • Le problème c'est de chercher un coupable

    Le 31 octobre 2020

    Dans le monde de la "Qualité", on ne cherche pas un coupable. Les accidents surviennent le plus souvent non pas à cause d'une erreur humaine, mais à cause d'une conjonction de facteurs dont des erreurs humaines. Accuser tantôt le gouvernement, tantôt les jeunes, tantôt tel ou tel groupe ne résout rien. Il serait bon de se contenter des faits et d'en tirer des leçons pour la suite. Et pour le coronavirus, ce n'est vraiment pas simple, car on navigue à vue sur une mer inconnue.
    La politique du bouc émissaire est facile et utilisée par les extrémistes de tout bord, mais elle ne change rien sur le fond.

    Dr Marie-Ange Grondin

  • Même "vague" ou variant. Pauvres jeunes !

    Le 01 novembre 2020

    Même vague ou variant?
    1) soit c'est la même vague qui continue, décapitée un temps par le confinement, peu probable, possible...
    2) soit il s'agit d'une vague différente d'un mutant, le mutant 4 venant de Scandinavie, d'autres venant du Maghreb donc pas d'immunité, vaccin à revoir! Je ne suis ni pour ou contre tel ou tel, j’écoute tout le monde (je plaisante, je n'en ai ni le temps, ni les compétences!).

    "Pauvres jeunes"
    Tout à fait hors sujet, sur le plan pompeusement appelé "sociétal", concernant les "pauvres jeunes qui ne peuvent pas vivre leur vie, je me permets de leur dire que leurs parents, ceux la même qui ont profité lâchement des trente glorieuses, âpres la guerre, ont remonté le pays, ont travaillé de 40 à 70 heures par semaine! Je m'étonne de voir les étudiants se plaindre de ne pas pouvoir vivre leur vie, de ne pas pouvoir librement passer leur temps au ciné, en disco, à se chouter (désolé!) ou au bar! Certes quand j'ai été étudiant, il m'est arrivé de "faire la "fête", mais j'ai surtout travaillé pour apprendre et avoir mes diplômes pour travailler par la suite 60 ou 70 heures comme un con! Je ne me souviens pas de n'avoir pas travailler 2 mois pendant les"grandes vacances", au minimum un! J'ai remplacé dès la fin de ma 6émé année, et ai été veilleur de nuit! Je n'en suis pas mort, et je ne suis pas le seul dans ce cas! Alors que les étudiants d’aujourd’hui fassent ce qu'ils veulent et assument leurs responsabilités! Un point c'est tout. Il est dommage, car je pense que ce ne soit pas la majorité, je le crois, de voir en boucle sur certains médias, de voir de "pauvres étudiants" passer leur vie à boire mojito sur mojito avec 200 euro de pommade sur la g. à 19 ans! Le COVID n'est pas le (seul) problème, et il révèle bien l’état de notre "société"!

    Dr Jean-Paul Vasse

  • Réponse au docteur Vasse.

    Le 07 novembre 2020

    Tout est vrai dans vos constatation mon cher confrère.
    Mais est il politiquement correct de s'en prendre aux jeunes (dés 18 ans ils votent alors...)
    Conflit de générations diront certains.
    Chouchoutage scandaleux et démobilisateur à mon avis.
    A qui profitera le crime ?
    Certainement pas à la France.

    Dr Jean Pierre Sapin

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